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La semaine est terminée



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Grizzly man
de Werner Herzog (2005)
La face documentaire de Herzog est sûrement en ce moment la plus intéressante. Le film reconstitue la dernière expédition de Timothy Treadwell, "documentariste" animalier d'un genre nouveau, un condensé des personnages de fiction de Herzog mâtiné d'égocentrisme à la Nicolas Hulot. Son désir de vivre au milieu des grizzlys comme un grizzly apparaît vite comme une inadaptation à la société humaine (voir ce que chantonne son ami pilote dans l'indice 2) et sa folie perce petit à petit sous le masque du gentil amoureux des animaux. Le travail sur les archives de Treadwell est vraiment époustouflant : on y retrouve tout l'envoûtement et la poésie du cinéma de Herzog (indice 1) simplement par le montage, le commentaire (dit par lui-même) et la musique. Les dernières images de Treadwell (et oui, les grizzlys aussi sont des loups pour les grizzly men) - image 1 - auraient pu être celles d'Aguirre ou de Cobra Verde.
Bill Douglas


2



Les Petites Marguerites (Sedmikrasky)
de Vera Chytilová (1966)
Deux jeunes filles, Marie 1 et Marie 2, qui s'ennuient, ne croient en rien et ne savent pas quoi faire, décident que si le monde est en train de perdre la tête, alors ya pas d'raisons, autant la perdre aussi... On suit alors les aventures délirantes et impertinantes, aussi créatrices que destructrices, des deux Marie, dans une explosion de couleurs et d'expérimentations visuelles. Au-delà de l'aspect rafraîchissant et plaisant de cette farce grotesque, le film de Vera Chytilová propose aussi une réflexion métaphorique sur son temps et expose les limites d'une libéralisation des moeurs mal motivée qui tendrait vers la décadence et le nihilisme. (dvd z1 malheureusement de piètre qualité)
Stalker


3



Supervixens
de Russ Meyer (1975)
Un road movie déjanté dans lequel Russ Meyer nous offre comme à l'habitude tout un lot de jeunes filles à la poitrine généreuse et à la libido déchainée. Clint (le héros) sera harcelé par chacune d'entre elles avant de craquer pour Vixen (shari Eubank en indice 1), sosie de sa précédente petite amie, sauvagement assassinée.
Arnold J. Rimmer


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Project A ('A' gai waak (Le Marin des mers de Chine))
de Jackie Chan (1983)
Petit hommage tout d'abord à Kwan Hoi San (indice 1) décédé la semaine derniere et surtout connu en France pour avoir joué l'oncle trahi par Tony Leung dans Hard Boiled, au passage les plus attentif aurait pu reconnaître à sa droite Jackie Chan de dos. Resituons Project A dans son contexte; Jackie Chan vient de subir un échec au box office avec Dragon Lord. Il décide donc de réaliser un gros blockbuster pour le nouvel an chinois et ainsi rétablir son statut de roi de l'action à hong kong. Mission réussie puisque Project A explose tous les records et atteint les 30 millions de dollars au box office hk. Le personnage que joue Jackie Chan est en opposition avec ses autorités supérieures, un petit peu rebel, le même genre de personnage que l'on retrouvera par la suite notamment dans les Police Story, mais ce personnage apparait pour la 1ère fois dans Project A. En plus de cela, ce film est le 1er d'une longue série qui reunit le trio magique, Jackie Chan, Yuen Biao et Samo Hung. Ces trois là sont comme des frères, ils ont passé toute leur enfance ensemble et se connaissent parfaitement, c'est pourquoi la chimie opère parfaitement. Le film est également connu pour la fabuleuse cascade où Jackie Chan se laisse tomber d'une horloge (indice 2), une sorte d'hommage à Harold Lloyd qui reste dans les anales des plus belles et dangereuses cascades jamais réalisée. C'est pour tout cela que Project A est un succès qui marque un tournant important dans la carrière de Jackie Chan et dans l'histoire du film d'action. Comédie, combats, acrobaties..., qu'on le voit pour la 1ere fois où pour la 20e fois, on prend toujours autant de plaisir à voir ce grand film qui posa les bases du cinéma de Jackie Chan.
Ryo Saeba


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Une journée bien remplie
de Jean-Louis Trintignant (1973)
Un boulanger décide de venger la mort de son fils en éliminant les jurés responsables de sa mort en une journée. Accompagné de sa mère, il partira sur les routes avec son side-car (question) pour les décimer les uns après les autres (indice 1). Pour son premier film, Jean-Louis Trintigant nous gratifie d'une comédie noire, minimaliste et jubilatoire. L'humour pince-sans-rire lorgne du côté anglo-saxon, absurde et burlesque, rendant notamment hommage aux modèles du genre du cinéma muet, le film l'étant quasiment. Dans le rôle de ce tueur froid et dénué de tout remord, Jacques Dufilho (indice 2) est parfait.
Groucho Marx


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La 36e chambre de Shaolin (Shao Lin san shi liu fang)
de Lau Kar Leung (Liu Chia Liang) (1978)
Voila le fameux film qui est considéré par beaucoup comme LA référence du film d'art martiaux. Et bien sa réputation n'est pas immérité. Le film est divisé en trois parties. La première partie nous montre la vie de San Te (Gordon Liu) et sert à nourrir son sentiment de haine et de veangeance contre les Manchus, trame classique dans le cinéma d'arts martiaux. Dans la seconde partie, on y voit San Te rejoindre les moines Shaolin et grâce à sa grande détermination, finir les 35 chambres en un temps record. Et enfin dans la troisième partie du film, il retourne à la vie normale pour assouvir sa veangence. Le film tourne autour de Gordon Liu (indice 3 à droite), frère adoptif de Liu Chia Liang et c'est vraiment un bon choix car il impose tout de suite sa présence à l'écran. Ce qui fait la force du film, c'est bien sur toute la partie dans le temple et la phase d'apprentissage des 35 chambres qui symbolisent sa quête spirituelle. Car toutes ses scènes sont vraiment originales et d'une grande inventivité, ce qui rend le film à la fois intéressant, original et cela ajoute un petit aspect comique très agréable. Lau Kar Leung n'hésite pas à utiliser de superbes plans séquences et insuffler beaucoup de rythme lors des combats. Pareil pour la phase d'apprentissage, plus le personnage de Gordon Liu avance dans les chambres, plus le rythme s'accélère. Il commence par apprendre à forger son corps dans les premières chambres, puis le maniement des armes et du combat et enfin la spiritualité dans les dernières chambres. On s'attarde donc de longs moments sur les premières chambres pour, à la fin, résumer en seulement quelques plans la résolution des dernières chambres, symbole du niveau d'avancé de la spiritualité de San Te. Les combats bien que peu présent sont superbement chorégraphiés et bien intenses mais avec Gordon Liu, Lau Kar Wing, Lo Lieh ou encore Lee Hoi San, il n'y avait pas de soucis à se faire, ils démontrent encore une fois leur talent martial devant la caméra. On retrouve aussi avec grand plaisir quelques têtes connu comme Yuen Hsiao-tien (le père de Yuen Woo Ping) en maître shaolin gardien d'une chambre, Wilson Tong (également assistant réalisateur sur le film) ou encore Norman Chu en élève de Gordon Liu. Le seul petit regret est de ne pas avoir de vrais combats à main nue car avec des spécialistes comme Lee Hoi San, c'est un peu dommage. Lau Kar Leung nous rappelle que les arts martiaux ne sont pas que la maîtrise du combat réel (point soutenu par Bruce Lee) mais qu'il y a aussi toute une philosophie et qu'il faut trouver le juste milieu a l'image de ce que devient le personnage de San Te et de sa 36e chambre de Shaolin.
Ryo Saeba


7



Ichi the Killer (Koroshiya 1)
de Takashi Miike (2001)
Ichi est un jeune un poil déséquilibré et manipulé qui découpe en morceaux des yakuzas avec ses chaussures-rasoir pour se venger de brimades vécu lors de son adolescence. Véritable boucherie visuelle et à prendre au n-ième degré, le film est un véritable déluge de meurtres, de tortures et de pratiques sadiques en tous genres.
Arnold J. Rimmer


8



Adieu
de Arnaud des Pallières (2003)
Mêlant deux histoires de deuil (réaction de 3 frères à la mort de leur père et deuil d'un pays pour un algérien opprimé), Adieu est la première irruption de des Pallières dans la fiction. Le film est marqué par la dissonance : la sécularisation et la "crise de foi" (très belle scène de répétition de l'homélie qui montre à quel point la foi du prêtre n'est plus qu'une habitude - image 1) d'un côté, le mythe et le tragique de l'autre (référence au mythe de Jonas dont la baleine est transposée en camion blanc inquiétant - indice 1) ; dissonance de la musique de Martin Wheeler aussi. Et heureusement, ce qui pourrait apparaître uniquement théorique arrive à parler aux sentiments, notamment grâce à Laurent Lucas (indice 2) une fois de plus très bon. Du coup, un réalisateur qui est vraiment à suivre, surtout que "Disneyland, mon vieux pays natal", son précédent moyen-métrage était un des meilleurs films français que j'aie vus depuis longtemps.
Bill Douglas


9



Meshes of the afternoon
de Maya Deren (1943)
Par une après-midi ensoleillée, une jeune femme ramasse une fleur sur un chemin. Au loin, un homme disparaît. Elle entre ensuite dans une maison, et remarque certains objets. Elle monte à l'étage, arrête un tourne-disque et s'endort. Le court entame alors une spirale temporelle, rêve et réalité se mélangent et le trouble s'installe. Avec ce court-métrage de 1943, Maya Deren (indice 2) signe l'une des premières véritables oeuvres du mouvement d'avant-guarde, profondément mystérieuse et au symbolisme omniprésent (question et indice 1). A l'origine muet, le compositeur Teiji Ito ajoutera quelques années plus tard une partition musicale renforçant le côté fascinant et dérangeant du film.
Groucho Marx


10



Kaos
de Paolo et Vittorio Taviani (1984)
Adapation de contes de Pirandello, Koas est peut-être le dernier bon film des Taviani (allez, Good Morning Babilonia à la limite). Quatre contes qui racontent la dure vie paysanne, les révoltes populaires et les troubles politiques (apparition presqu'irréelle de Garibaldi - indice 1) du XIXe en Sicile. Pirandello (interprété par un habitué des Taviani, Omero Antonutti - indice 2) apparaît lui-même dans l'épilogue, qui raconte la fuite de la famille de sa mère et sa halte sur un rivage que seule la Méditerranée peut offrir (image 1) - si, si, je vous jure, y'a que là que c'est possible !
Bill Douglas


11



Tamala2010
de toL (2003)
Le terme d'OFNI est devenu un peu galvaudé, certes, mais je crois qu'il est légitime de l'employer pour Tamala 2010. Il est bien impossible d'en faire un synopsis, mais sachez qu'on y suit les aventures interplanétaires de Tamala, jeune chatte indépendante, "punk" d'après le titre anglais, sûrement parce-qu'elle fume et se plait à dire "fuck you"... L'animation est assez unique dans son style très épuré (bien qu'assez baroque, enfin je me comprends) qui fait penser à de l'animation flash. Tamala 2010 est difficile à appréhender à la première vision (lors des suivantes aussi, ceci dit). C'est un joyeux (façon de parler) foutoir bourré de références (littéraires, philosophiques, historiques...) dont on a du mal à extraire un propos ou un but, mais ce foutoir est unique et fascinant et je le conseille à tous les curieux ! (dvd sorti chez Mk2)
Stalker


12



Babe un cochon dans la ville (Babe: Pig in the City)
de George Miller (1998)
Le premier Babe était un très bon film qui n'était pas si naïf et infantile que son pitch laisser supposer. Ce deuxième épisode plus adulte réalisé par un George Miller au mieux de sa forme est encore meilleur. Fini l'environnemnt bucolique de la ferme Hogett. Place à la ville (en question) et à de nouveaux animaux. On retrouve d'ailleurs parmi ceux-ci des personnages magnifiques, tel le charismatique oran-outan Thelonius. Un film surprenant et poétique digne des meilleurs Burton ou Gilliam.
Arnold J. Rimmer


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Le bal des maudits (The Young Lions)
de Edward Dmytryk (1958)
Trois soldats de pays différents vont voir leur destin réuni par la guerre. Le premier, jeune soldat juif américain interprété par Montgomery Clift (question) se battra pour trouver la place qu'il mérite, malgré les jugements dont il est victime. Le deuxième, interprété par Dean Martin, cherchera à éviter le front. Enfin, un officer allemand idéaliste dont les convictions vont être mises à rude épreuve par les agissements de son supérieur et de son pays. Ce dernier est interprété par un Marlon Brando (indices 1 et 2) en grande forme, bien que parfois à la limite du cabotinage. Un grand film, atypique dans le paysage cinématographique américain de l'époque.
Groucho Marx


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A Bout Portant (The Killers)
de Don Siegel (1964)
Stalker


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Forever Fever (That's the Way I Like It)
de Glen Goei (1998)
Forever Fever est le premier film singapourien à avoir connu une distribution aux Etats-Unis, dans un circuit réduit de salles, en octobre 1999. Pour l'occasion, le film fût d'ailleurs retitré That's the Way I Like It. Bien plus qu'une parodie de La Fièvre du Samedi Soir, Forever Fever est une relecture du film ajoutant de nombreux hommages et clins d'oeils ainsi que des thèmes dramatiques propres au métrage. Dans les hommages, on notera celui à "La Couleur Pourpre du Caire" de Woody Allen avec la scène où le faux John Travolta sort de l'écran afin de donner des conseils à Hok. Forever Fever est un excellent moment à passer même si vous n'êtes pas forcément fan de disco, la bande son, réenregistrée avec talent, proche des originales vous transportera dans une comédie au pays du disco et du kung fu pour 1h30 de bonheur dont on ressort le sourire aux lèvres.
Ryo Saeba