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La semaine est terminée



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Printemps Tardif (Banshun)
de Yasujiro Ozu (1949)
Printemps Tardif est un peu le manifeste du fameux "style Ozu" qui a fait sa renommée (plans fixes, caméra à hauteur de tatami, plans d'intérieurs vides finement composés... voir Tokyo Ga, l'excellent docu de Wenders), le film à partir duquel il atteint toute sa plénitude. Le maître japonais nous y raconte une histoire typiquement ozuesque : une jeune femme qui va vers la trentaine vit avec son père veuf et refuse de se marier pour ne pas le laisser seul. Une étude de moeurs toute en finesse et en sensibilité, comme les affectionnait Ozu, à travers laquelle il fait par petites touches le portrait d'un Japon d'après-guerre en pleine mutation. C'est magnifique et bouleversant, même si je lui préfère encore, sur des thèmes très proches, Eté Précoce et Le Goût du Saké. En question, un plan symbolique célèbre dans la filmographie d'Ozu sur le vieil homme seul qui épluche une pomme (ce qui a permis, j'imagine, aux meilleurs googleurs de trouver rapidement le film). En indice 1, Setsuko Hara sur le point de se marier. On la retrouve sur l'indice 2 en compagnie de Chishu Ryu (son père dans le film), acteur fétiche d'Ozu.
Stalker


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Danton
de Andrzej Wajda (1983)
1793, Danton retourne à Paris, décidé à dénoncer la Terreur et entrera en conflit avec son ancien compagnon de lutte Robespierre. La reconstitution est dans l'ensemble respectueuse et crédible, mais ce n'est pas tant de la révolution française qu'il sagit qu'une critique d'Andrej Wajda adressée au régime soviétique. L'ambiance est lourde et étouffante, impression soulignée par la partition dérangeante de Jean Prodromidès (question). Mais la force du film tient avant tout au duel entre les deux figures historiques, personnages complexes traités sans manichéisme, et interprétés de façon magistrale par le toujours excellent Wojciech Pszoniak (indice 1) et un Gérard Depardieu encore habité par une partie du génie qu'il a hélas perdu.
Groucho Marx


3



The world (Shijie)
de Jia Zhang-Ke (2004)
Métaphore des mutations de la société chinoise, "The world" est de façon plus générale la description d'un monde nouveau : factice et formaté (indice 2), profondément inégalitaire (indice 1)... Et finalement, ce qui semble intéresser Jia Zhang-Ke, ce sont les conséquences profondes de l'intégration économique de la Chine au système capitaliste, sur la façon de vivre, d'aimer. Entremêlant le destin de plusieurs personnages, il montre par de subtiles touches la réalité de la séparation : exode rural ou "exil" économique (photo du mari devant une station de métro parisienne, image que je n'ai pas proposée mais qui m'a vraiment marqué quand j'ai vu le film). Le film est souvent mélancolique (image 1) mais la vie et les espoirs des personnages arrivent à jaillir de ce parc d'attractions sans âme (notamment par les étranges animations qu'ils s'échangent par téléphone).
Bill Douglas


4



Psaume rouge (Még kér a nép)
de Miklós Jancsó (1972)
Une découverte récente pour moi. Une véritable expérience qui s'approche, par certains côtés, du théâtre : de très longs plans-séquences, les acteurs entrant et sortant du champ dans ce qui semble être une improvisation ou une série de happening. Pour rendre compte du soulèvement de paysans hongrois (indice 2), Jancso insiste sur l'aspect festif de la mobilisation faite de chants (même la Marseillaise retrouve son caractère révolutionnaire, chantée par les opprimés du XIXe siècle, indice 1), de danses, de communions et de fraternisations avec les soldats (qui finalement réprimeront la révolte dans le sang - image 1). Un autre cinéma est possible, criait Jancso par ses films, la voie qu'il a tracée n'a pas été suivie par beaucoup mais on peut espérer que ses tentatives originales ne seront pas que des accidents dans l'histoire du cinéma.
Bill Douglas


5



Pauvres Humains et Ballons de Papier (Ninjo kami fusen)
de Sadao Yamanaka (1937)
A Edo, dans une ruelle misérable où se cotoient des petites gens et où les suicides se multiplient, habite un samouraï pauvre et sans emploi (question), dont le foyer subsiste grâce aux maigres revenus de sa femme qui confectionne des ballons en papier (indice 1). On suit principalement cet homme, qui essaie de conserver sa dignité malgré le mépris et les vexations qu'il essuie de la part des seigneurs chez qui il recherche un emploi. Un histoire poignante, traitée de manière très réaliste. La sobriété des acteurs, issus d'une troupe de théâtre cherchant le réalisme étonne le spectateur habitué aux outrances héritées du kabuki. S'il n'était pas mort si jeune, nul doute que Sadao Yamanaka figurerait en bonne place dans le panthéon du cinéma japonais, tant il a été un précurseur dans la réalisation de jidai-geki (films d'époque) réalistes, mettant en scène des ronin pauvres, débonnaires, mais généreux et solidaires avec les exploités. Malheureusement presque tous ses films ont aujourd'hui disparu. Raison de plus pour se délecter de cette superbe dernière oeuvre. (dvd z2 anglais chez Eureka - sta uniquement).
Stalker


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 *


* Film sorti directement en vidéo
Kenshin : Tsuioku hen (Rurôni Kenshin: Meiji kenkaku roman tan)
de Kazuhiro Furuhashi (1999)
On dit que la perfection n'existe pas, c'est faux et ces 4 oav qui composent le film Kenshin Tsuioku Hen en sont la preuve. Un véritable chef oeuvre technique, un film profond basé sur des faits historiques, porté par une partition sublime et une animation sans faille. A voir absolument si ce n'est pas déjà fait.
Ryo Saeba


7



Pale Rider
de Clint Eastwood (1985)
Western reprenant à peu près la trame de L'homme des hautes plaines et coincé entre les exceptionnels Josey Wales et Impitoyable, Pale Rider fait souvent figure de film mineur en comparaison des deux autres. Sans être aussi abouti qu'Impitoyable, Pale Rider préfigure déjà celui-ci. Crépusculaire, mystique, Eastwood y incarne un pasteur fantomatique qui vient en aide à des chercheurs d'or harcelés par un puissant entrepreneur. Ce dernier, pour se débarrasser des "gêneurs" n'hésite pas à utiliser la force, que ce soit un groupe de mercenaire (question) ou un costaud de service (Richard Kiel en indice 2). Evitant de tomber dans le trop religieux, proposant des images magnifiques et même une petite réflexion écologique, Pale Rider reste mon western préféré du grand Clint.
Arnold J. Rimmer


8



Islands in the Stream
de Franklin J. Schaffner (1977)
Dans ce film inspiré d'un roman d'Hemingway, Georges C. Scott (indice 2) incarne un artiste retranché dans une île tropicale pendant la seconde guerre mondiale. Il y retrouvera l'espace de quelques temps ses enfants puis son ex-femme, avant que la guerre ne fasse son oeuvre. Divisé en trois parties, le film insiste sur la relation qu'entretient le héros avec ses enfants. Si les retrouvailles sont difficiles (question), les uns et les autres apprendront à se connaître pendant ces quelques moments passés ensemble, comme cette mémorable partie de pêche à l'espadon (indice 1). D'une incroyable justesse et avec des comédiens magnifiques, le film se révèle souvent poignant, tout en gardant un coté contemplatif et lent qui donne à l'ensemble un cachet particulier.
Arnold J. Rimmer


9



Seventh Curse (Yuan Zhen-Xia yu Wei Si-Li)
de Nam Lai Cheung (1986)
Un Chow Yun Fat pipe à la bouche pendant tout le film et qui ne la lache que pour shooter un monstre au bazooka, une Maggie Cheung survoltée qui compense son manque de talent (à l'époque) par son énorme énergie déployée, Elvis Tsui en gourou qui jette des enfants dans un broyeur pour recolter leur sang ou encore un squelette qui fait du Kung Fu avant de se transformer en alien tout ça c'est que du bonheur et c'est dans the Seventh Curse. Nam Lai Choi, le roi du bis HK, s'en donne à coeur joie pendant 1h30 pour notre plus grand plaisir.
Ryo Saeba


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Soleil Trompeur (Utomlyonnye solntsem)
de Nikita Mikhalkov (1994)
Groucho Marx


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Les Affranchis (Goodfellas)
de Martin Scorsese (1990)
En hommage à une équipe qui fit les grands jours du FRCD (les Goodfellaz), même si il était déjà tombé il fallait que je propose ce monument du cinéma. Ca reste d'ailleurs mon film préféré. Cette narration, ces plans séquences, ce montage fabuleux et ce casting jouissif, ça c'est du grand Scorsese. Vive Goodfellas, vive le cinéma et honte à ceux qui n'auront pas su trouvé cette question.
Ryo Saeba


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Copland (Cop Land)
de James Mangold (1997)
Une communauté de policiers New Yorkais s'est installée dans une petite ville résidentielle de banlieue où ils font régner leur loi, au nez et à la barbe du shériff local relégué à faire la circulation (un excellent Stallone à contre emploi dans le rôle du flic grassouillet et lâche - indice 2). Ce dernier tente de réagir quand il réalise que ses charmants voisins sont des ripoux prêts à éliminer un collègue pour maintenir la sérénité de leur ville. James Mangold connait ses westerns classiques (on pense forcément à Rio Bravo et 3:10 to Yuma, dont il est d'ailleurs en train de réaliser le remake) et les transpose avec brio dans un environnement urbain. Sans sortir des thèmes classiques du western et du polar, Mangold réalise un film atypique et surprenant dans un genre pourtant usé jusqu'à la corde. Stallone et Liotta sont pour beaucoup dans cette réussite ; Keitel (indice 1) et De Niro font leur numéro habituel et ça marche toujours. En question, un plan assez westernien sur la barraque du shériff au lever du jour, quelques instants avant le dénouement final...
Stalker


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Le vieil homme et la mer (The Old Man and the Sea)
de Aleksandr Petrov (1999)
Groucho Marx


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La troisième génération (Die dritte generation)
de Rainer Werner Fassbinder (1979)
Après la bande à Bonnot et la bande à Baader, la troisième génération de terroristes européens, plus désepérée encore et là, franchement manipulée. Fassbinder n'est pas tendre avec eux, opposant les bourgeois qu'ils sont presque tous aux deux prolétaires qu'ils entraînent dans leur folie. Déguisés en gangsters pour tromper la police (Udo Kier - indice 1), en clown (H. Schygulla - indice 2) pour le kidnapping du patron pourri qui les manipule depuis le début, en chanteur de jazz pour un hold-up ou travesti comme leur traître de chef, ils sont comme des enfants perdus dans un monde hostile (image 1), marqué par le nazisme et la guerre (cf l'inquiétant premier plan) et dominé par des monstres respectés et dans la légalité, mais mille fois plus abjects qu'eux.
Bill Douglas


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Les guerriers de la nuit (The Warriors)
de Walter Hill (1979)
Lors d'un énorme rassemblement de tous les gangs de New York (indice 1), le charismatique leader Cyrus est assassiné et c'est le gang des Warriors qui est accusé, à tort. Ils feront tout pour regagner leur territoire et sauver leur honneur, pourchassés par l'ensemble des voyous de la ville. Sur une idée de base simple, propice à un déluge d'action, The Warriors accumule les scènes d'anthologies dans lesquelles nos héros essayent d'échapper à la folie furieuse des autres gangs. Ceux ci sont clairement identifiés dès le début dans une intro qui en met plein les mirettes. Sorte de survival urbain, on ne peut qu'être séduit par la mise en scène rythmée de Hill et le coté western contemporain.
Arnold J. Rimmer